Accéder au contenu principal

RAYMOND DEPARDON - CARTHAGENA

Il revit sa vie, il a vu sa mort en rêve.

La caméra ne bouge pas, elle ne bougera pas. Il fait chaud, bien que la nuit tombe. Pour Amnesty International, au sein d’un long métrage pour lutter contre l’oubli, Raymond Depardon propose 3 minutes pour Alirio de Jesus Pedraza Becerra, disparu le 4 juillet 1990 à Bogota, (Colombie) enlevé par des « forces de sécurités », il était avocat et grand défenseur des droits de l’homme. Le film est tourné à Carthagène en Colombie.

3 minutes donc pour un mémorial, 3 minutes pour se souvenir d’un homme. La nuit tombe. Nous sommes perchés sur le toit d’un immeuble, le cadre n’est rempli que d’obstacle, le toit sur lequel la caméra se trouve occupe la plus grande partie du cadre, il reste une bande de ciel bleu pour l’espoir, quelques 3 palmiers au loin pour la survie, et un triangle donnant sur la rue en bas à droite du cadre, symbole de liberté illusoire. Bien qu’à l’extérieur, nous sommes pris au piège dans un cadre trop serré, dans cette cellule cinématographique, nous avons 3 minutes pour comprendre l’enfermement, nous ne l’avons pas choisit, lui non plus.

Carthagena de Raymond Depardon // 3 min // 35mm // 1992

Plus d'info WWW



CAMILLE MAUPLOT

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

MARTIN ARNOLD - Found Footage sur images holywoodiennes

Martin Arnold récupère des bandes de films et les remonte en jouant sur des effets d'accumulation par la répétition. Ce qu'il cherche à montrer c'est l'image caché, le refoulé de l'imagerie médiatique. Il dit " Le cinéma d'holywood est un cinéma d'exclusion, de raccourci et de rejet, un cinéma de refoulement. Il y a toujours autre chose derrière ce qui est nous est montré, qui n'est pas représenté. Et c'est précisement cela qui est le plus intéressant à prendre en compte. " Ici le rapport au référent-double-modèle imposé par l'industrie culturelle est rejeté en tant que tel, mais analysé, avec les mêmes moyens, dans un sens critique. Dans « Alone. Life Wastes Andy Hardy » Martin Arnold parvient, par son système d'aller retour répété sur une très petite partie de la bande, à transformer Judy Garland en une espèce de fauve grognant, alors que la scène qu'il détourne n'est en réalité qu'une scène de baiser très puritaine, c...

Wild Boy (L'enfant sauvage), Guy Ben-Ner

«Je m'intéresse à ces récits comme Moby Dick et Robinson Crusoé, qui sont comme le lait que vous donne votre mère. Ils font à ce point partie de la culture occidentale, vous les connaissez sans avoir besoin de lire le livre», Guy Ben-Ner. Ainsi, Wild boy [1] , est une vidéo en couleur, sonore de 17 min. Cette vidéo raconte l'histoire de l'éducation du fils de l'artiste, Amir. Ben-Ner joue lui-même le rôle de l'éducateur qui s'évertue à domestiquer l'enfant sauvage.

JOAKIM ENEROTH

"Est-ce moi qui crée mon environnement ou l’environnement q ui me crée ? " Ce photographe suédois a grandi dans un enviro nnement de protestation politique et sociale, au sein d’une famille d’an archistes convaincus, loin de la société de consommation et du diktat de la publicité. Paradoxalement, le jeune photographe Joakim Eneroth nous laisse voir dans la série photographique « Swedish red », une matière v isuelle publicitaire évidente, non loin des façades bleues et jaunes que l'on retr ouve aux périphéries de n os villes eu ropéennes. Il y a une esthétique très soignée, très plastique dans le portrai t de ces maisons en bois rouge de la banlieue de Stockholm Le spectateur est partagé par cette vision de l'architecture contemporaine, le photographe nous laisse tout d'abord entre-voir une certaine beauté onirique dans ce paysage rouge vert et blanc en un lieu de mythe, un lieu imaginaire de conte pour enfant aux figures géométrique qui rappelle l...