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JOAKIM ENEROTH



"Est-ce moi qui crée mon environnement ou l’environnement qui me crée ?"

Ce photographe suédois a grandi dans un environnement de protestation politique et sociale, au sein d’une famille d’anarchistes convaincus, loin de la société de consommation et du diktat de la publicité.
Paradoxalement, le jeune photographe Joakim Eneroth nous laisse voir dans la série photographique « Swedish red », une matière visuelle publicitaire évidente, non loin des façades bleues et jaunes que l'on retrouve aux périphéries de nos villes européennes. Il y a une esthétique très soignée, très plastique dans le portrait de ces maisons en bois rouge de la banlieue de Stockholm

Le spectateur est partagé par cette vision de l'architecture contemporaine, le photographe nous laisse tout d'abord entre-voir une certaine beauté onirique dans ce paysage rouge vert et blanc en un lieu de mythe, un lieu imaginaire de conte pour enfant aux figures géométrique qui rappelle les légos. Mais très vite, l'on comprend que ce lieu est vide de ses habitants, ce n'est alors plus que factice, tel un mobilier intérieur que l'on pourrait découvrir en modèle d'exposition au delà des façades bleues et jaunes dont je parlais au début de cet article.

Joakim Eneroth traite son sujet de manière ironique, il fait appel à l'esthétique publicitaire, pour ensuite en desinstituer la démarche, c'est à dire qu'il fait appel à la même arme idéologique pour en analyser la force mais surtout les failles. En effet, le photographe imagine ses frères scandinaves enfermé au delà de ces façades, ils ne sont plus là pour la publicité, on les cache, on les enferme pour encore, plus tard piéger d'autres habitant à la recherche de confort et de sécurité, susceptible de vouloir vivre dans ce vide architecturale contemporain. Dans l'œuvre de Joakim Eneroth, le sujet humain est effacé, il traite uniquement son environnement, il dénonce la consommation du vide, il met en exergue la surface, l'apparence tout comme le fonctionnement de la publicité. L'ironie va encore plus loin dans la série « Swedish red », il ne veut surtout pas traité le sujet humain,alors le photographe efface les fenêtres de ces maisons par le procédé infographique, outil clé du créateur publicitaire actuel. Joakim Eneroth se place dans un contexte de recherche sur l'environnement contemporain en ressassant toujours la même question dans son travail:est-ce moi qui crée mon environnement ou l’environnement qui me crée ?

L'individu est il aujourd'hui piéger dans cette dualité, celle de la sphère publique, sphère intime, l'architecture met en apparence aujourd'hui cette question. Non loin du travail de Dan Graham, Joakim Eneroth questionne la place de l'individu, l'architecture de sa pensée au travers de la dualité intérieur-extérieur. Sous quel prétexte l'homme cherche t-il encore plus de confort, plus de sécurité jusqu'à s'enfermer? De quoi l'homme veut-il se cacher, se protéger ou de quoi la société le cache et le protège?


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Commentaires

Anonyme a dit…
pas mal, c'est vrai que ça fait très lego ou ikea. en même temps, ils ont crée les deux marques... belle critique de sa propre société!
Par ailleurs et comme tu le dit, il utilise le même procéder publicitaire pour en faire la critique, le poisson se mord la queue ? Ne prive t'il pas lui même ses photographie de toute magie, de poésie, d'intérêt par là même ?
Anonyme a dit…
En effet, ses photographies sont sous l'emprise d'une certaine démarche publicitaire qui le mène peut être à un non sens du fait de son engagement politique. Là où je trouve ce paradoxe intéressant, c'est qu'il se pose la question: "Est-ce moi qui crée mon environnement ou l’environnement qui me crée ?" Il nous apparait que ses photographies répondent merveilleusement à cette question, le photographe est lui aussi piégé et façonné par son propre travail...

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